25 juin 2008
"Ace Of Spades" - Mötörhead °
A l'occasion du Top Of The Flops Of The Pops Of The Blogs, organisé tout l'été par Thom "j'ai cinq idées par minute" du Golb, j'aurais pu prendre n'importe quel disque de metal, ou de hard-rock, sous-genres musicaux (qui prétendent honteusement être des genres à part entière !) qui cristallisent à peu près tout ce que je déteste musicalement, artistiquement, socialement, philosophiquement, humainement, vestimentairement. Mais Mötörhead s'est imposé tout seul. Pourquoi ? Parce que Mötörhead, tout le monde aime. C'est quand même étonnant, une énigme digne de la construction des pyramides, qui à mon avis ne peut trouver sa solution que dans l'hypocrisie d'une grande part du public rock.
C'est vrai que Mötörhead ne véhicule pas tous les clichés du heavy-metal, juste quelques uns : vulgarité, saleté, méchanceté, look "biker" ridicule (qui donne son titre à cet album), et beuglements de phoque en rut. Ce minimum syndical devrait pourtant suffire, normalement, à faire fuir n'importe qui de normal. Mais non : là où tout le monde est d'accord pour moquer Iron Maiden, Metallica et tous leurs clowns, les gens de la scène "rock généraliste" vouent un culte malsain à Mötörhead, seul groupe de metal (avec Slayer) à bénéficier d'une crédibilité en dehors d'un ghetto dont il n'aurait jamais dû sortir. Privilège des grands anciens, sans doute (Lemmy Kilmister fit partie, brièvement, d'Hawkind : un des fondanteurs du genre). Quand même : l'écoute d'Ace Of Spades, considéré par les motards et les sourds comme un chef d'œuvre, est angoissante. La voix, déjà, est insupportable. Lemmy braille, grogne, éructe, le plus souvent des conneries, pleines de références sexuelles sordides. On a du mal à croire que ce type, déjà particulièrement hideux physiquement, ait pu avoir des groupies, en chantant un truc comme "Dirty Love" (un résumé de sa carrière, musicalement, et textuellement). Au moins cette chanson, là, veut-elle dire quelque chose. "Love me like a reptile", beaucoup cherchent encore à comprendre, ceci dit sans vouloir moquer les préférences sexuelles du Monsieur.
Toujours est-il que, ne soyons pas chiens, on comprend bien, à l'écoute, pourquoi les ados pré-pubères aiment Mötörhead : Lemmy a quatorze ans depuis les années 60. Le gros riff du sarkosyste "Live to win" a de quoi séduire un garçon débordant d'hormones. Celui de "Fire, fire" aussi (non, ce n'est pas le même, enfin : je ne crois pas). Ace Of Spades est même un disque amusant, parfois, au second degré. Comme une soirée "Secret Story" entre copines, ou d'aller en boite pour danser sur "Papillon de nuit". De là à oser écrire : "le boucan de Mötörhead se ressent plus qu'il ne s'explique" ; ou encore : "une rage, une énergie, et une intensité électrique exceptionnelles"... Ecoutons "Ace Of Spades" ensemble, et jugeons sur pièces ces extraits d'articles de bloggueurs réputés (dont nous tairons les noms, par respect pour leurs familles). Ne vous font-ils pas penser à deux journalistes du Nouvel Observateur se sentant obligés d'écrire sur une finale de coupe d'Europe, à grand renfort de métaphores homériques, et de références platoniciennes ?
Alors donc, non, la crédibilité de Mötörhead n'est pas compréhensible. Ni excusable ! On peut se demander combien des amateurs de rock, ou de pop, qui célèbrent Lemmy Kilmister, l'écoutent régulièrement ? Aucun, probablement. Citer Mötörhead, cela fait toujours bien, cela fait fils de bonne famille qui s'encanaille, fille qui n'est pas fermée au hard, la preuve : elle adore Mötörhead... Ce groupe dont elle possède un CD-R piqué à son mec, et encore : il est possible qu'elle l'ait récupéré par hasard, parce qu'il avait été rangé, par inadvertance, dans la boite du best of de Tori Amos. Quand on prend la peine de l'écouter, on le voit bien, que Mötörhead c'est moche, de la musique pour routiers qui ne se lavent jamais, pour motards, pour maçons. Du Johnny revisité par Gibson et Heineken ! De l'affreux, sale et méchant... La définition du rock'n'roll, selon certains. Quand on pense à l'élégance des Rolling Stones, à la classe naturelle de Jimmy Page... Vous avouerez que cela laisse quand même songeur ! Mais bon, il est de bon ton de louer l'intégrité de Lemmy, qui n'a pas pris de douche depuis dix ans, et est toujours aussi con et crasseux qu'en 1980. Un jour, il faudra que quelqu'un m'explique en quoi ne pas évoluer, c'est être intègre... Moi, je n'ai pas changé de coiffure depuis des années. Je trouve qu'on sous-estime beaucoup mon intégrité !
17 avril 2008
"Elle s'appelait Sarah" - Tatiana de Rosnay °
Je ne suis pas une midinette. Je n'ai même pas de cœur. Cela rassurera mes amis, qui se moquent tout le temps de mon côté "fleur bleue". Hélas, la seule chose que j'ai ressenti en lisant ce livre, c'est de l'affliction.
Tatiana de Rosnay raconte, en alternance, l'histoire de Julia, journaliste américaine enquêtant sur la rafle du Vel' d'Hiv', et celle de Sarah, petite fille qui en a été la victime. Le roman saute donc sans arrêt de 1942 à nos jours, et inversement, étalant des thématiques très larges, et à mon avis, un peu trop. C'est en fait le même parti-pris que dans "Windows on the world", de Beigbeder (je m'étonne de n'avoir lu aucun commentaire, parmi les deux cents sur le Net, le soulignant). Ce qui était agaçant, lourd chez l'un, ne l'est pas moins chez l'autre.
Julia l'américaine se bat pour le Devoir de Mémoire, c'est très joli, mais ce n'est pas suffisant, je crois, pour écrire un roman ! Sans s'attarder sur le fait que se battre, de nos jours, pour la reconnaissance de faits figurant depuis trente ans dans tous les manuels d'histoire, connus et reconnus de tous depuis le procès Papon (1997, et 1995 pour le discours de Jacques Chirac), relève plus de la bonne conscience contemporaine que du noble combat des Klarsfeld (on se demande même un peu contre quoi elle se bat, la fille, sinon contre son propre nombrilisme)...Sans s'attarder là-dessus, côté Sarah, tout n'est qu'une succession de clichés, sur l'occupation, sur la guerre, sur le nazisme, même sur les juifs...Rien que des choses racontées mieux ailleurs. Qu'on lise Levi (Primo, pas Marc), Appelfeld, ou même Vittori. On aura là des livres intelligents sur ces questions, ni plus ni moins "populaires" que cette soupe, faisant dans la simplification permanente. J'ai failli arrêter plus d'une fois, tant cela m'était insupportable. L'histoire de Sarah n'est pas bouleversante, elle est surtout gnangnan et manichéenne. L'auteur s'attaquerait à la collaboration ? Pas du tout : elle raconte l'histoire des gentils en danger à cause des méchants. Je vous renvoie au superbe livre de Gilles Perrault, "L'orchestre rouge", pour en apprendre un peu sur l'occupation, la collaboration, la Résistance, ou la déportation des juifs. Dans "Elle s'appelait Sarah", on n'apprend rien de plus que dans un manuel de troisième, aucune documentation, le comble, quand l'autre héroïne du roman est une journaliste ! Et je ne parlerai même pas de l'écriture, insipide, mettons cela sur le compte de la traduction, histoire de ne fâcher personne.
Je pense que je n'ai pas besoin de faire plus pour que vous compreniez mon avis. Il n'y a rien d'émouvant, encore moins de "noble", dans cette mélasse compassionnelle, surfant sur le Devoir de Mémoire, comme on surfe sur une mode quelconque ("pour ne pas l'oublier", inscrit sur la couverture, l'accroche promotionnelle ne se cache même pas). "Elle s'appelait Sarah", en choisissant de suivre une petite fille toute mimi, et en prenant le parti de ne raconter l'histoire que sur le mode purement émotionnel, est dans la droite ligne des idées récentes de notre Président, et en conséquence, il provoque autant mon indignation. En tant que lectrice, en tant qu'enseignante (enseignant justement cette mémoire), et en tant que juive. Bien sûr, ce noble combat n'appartient pas qu'à moi. Que l'auteur ait voulu publier ce livre hors les frontières, pour qu'on s'en rappelle au-delà de la France, pourquoi pas ? Ici, désolée, je crois qu'il y a assez de livres, de romans, de films, de documentaires, sur cette question, pour qu'on se passe de l'aide intéressée de Tatiana de Rosnay.
13 avril 2008
"Les enfants du plastique" - Thomas Clément °
Juste avant de partir en vacances, je regardais le documentaire que Jimmy consacrait à Thierry Ardisson, animateur que j'aime bien, comme beaucoup de gens, surtout parmi les amateurs de rock. Justement, Ardisson disait à un moment avoir voulu produire "des émissions rock", plutôt que "des émissions sur le rock". L'idée se tient, et elle est louable. Problème : je peux me tromper, mais à mon avis, si la musique rock sans l'état d'esprit n'est rien, l'état d'esprit sans la musique rock n'est pas grand chose, non plus. Or, il suffit de regarder une émission d'Ardisson cinq minutes, pour voir que sa culture en la matière est plutôt limitée, finalement très consensuelle, mercantile, et démago. Parce que c'est compliqué, son idée : il ne suffit pas de connaitre les Stooges pour être rock. Ce serait trop facile. Il faut encore les comprendre.
Aussi me suis-je demandée ce que Thom, avait fumé le jour où il a qualifié "Les enfants du plastique" de "livre rock" (appellation que, de toute façon, j'ai toujours trouvée idiote). J'ai trouvé qu'on était, ici, dans la droite ligne de la "culture rock à la Ardisson". Une bonne base, très loin de la mienne, qui est sans doute plus populaire, pour ne pas dire : prolétaire. Ce n'est de toute façon pas le même rapport. "Manque de Clash", concluait Lhisbei. Je suis d'accord, au moins là-dessus : le rock de ce livre, au titre pourtant guerrier, c'est du rock bon teint qui n'effraierait même pas ma grand mère. Dans cette histoire, l'auteur confronte un patron de multinationale du disque au fantôme de son passé grunge, de sa rock'n'roll attitude enfouie. L'idée est séduisante, mais elle est très mal exploitée, car elle repose sur une définition de la rock'n'roll attitude que le livre n'illustre jamais : adolescence éternelle, ode à la liberté, rage against le système. C'est respectable, mais quand on construit son livre comme une succession de slogans publicitaires, et qu'on a un style plus proche de Beigbeder, que de Lester Bangs...Cela fait un peu décalé. S'il suffisait d'avoir les bonnes références musicales pour être rock, Ardisson le serait, mais Dominique de Villepin aussi ; et Lemmy, de Mötörhead, qui avoue ne quasiment jamais écouter de rock, ne le serait pas. Mais Lenny Kratvitz, oui. Etc.
C'est pourquoi, quand par moment il y a un côté "nampe-dropping rock'n'rollement correct" (surtout au début), j'ai juste eu l'impression que l'auteur essayait de draguer la critique littéraire de Rock&Folk. Je ne sais pas si cela a marché. J'en doute, car il manque beaucoup de choses à ce livre, pour qu'il soit rock : la poésie, le romantisme, le côté "écorché vif ", de cet esprit. Le rock y donne le sentiment d'une caution que le livre, s'il racontait les déboires d'un ex joueur de mambo, n'aurait pas. Parce que j'ai trouvé que, si on enlevait le rock, il ne restait rien du livre. L'écriture est fade, le livre est mal rythmé, il n'y a pas vraiment de construction, il n'y a qu'un seul personnage pourvu d'un caractère (complètement cliché, hélas)...Juste de la formule facile, beaucoup d'esbroufe...Un très joli titre, il faut le dire, qui m'a fait envie pendant longtemps ! Un super slogan, une belle couverture pour emballer, qui donnent envie d'acheter le produit. Le teaser, c'est un peu l'inverse du rock. Le plus drôle (ou triste) c'est que la morale de l'histoire, c'est que le rock ne meurt jamais, mais que ce livre prouve le contraire.
Une critique beaucoup plus longue que d'habitude, mais je n'étais pas satisfaite de mon premier crossover, par rapport à ceux, si excellents, des autres ; je voulais aussi être précise, pour ne pas me fâcher avec mes deux copains qui ont consommé "Les enfants du plastique"...oups : "aimé", je veux dire !!
25 février 2008
"Beau rôle" - Nicolas Fargues °
Avec un titre pareil, on se prend à rêver ! Un beau rôle ? Du beau Nicolas Fargues ? Dans "One man show", puis "J'étais derrière toi", l'auteur a su se mettre en abime de manière originale. Le cynique à claquer qui nous séduit quand même (wouhou !!).
Dans "Beau rôle", on suit le parcours d'Antoine Mac Pola. C'est un énième héros made in Fargues : le gendre idéal qui masque un côté obscur odieux. Il pourrait porter le même nom que le personnage de "One man show". Sauf que lui, il est acteur, et sa cote grimpe, grimpe, grimpe. La voie du succès est toute tracée, mais l'auteur nous ménage un rebondissement pour le moins...rebondissant : Antoine est métis. On ne le découvre qu'en cours de route, au quart ou à la moitié selon les gens, de toute façon trop tard pour que ça ne donne pas l'impression de venir là comme un cheveu sur la soupe dans laquelle il : crache, bien sûr.
Je me demande comment il est possible de si peu évoluer. Dans "One man show", il y avait deux gros défauts, rédhibitoires à mon gout : la tentation du "name-dropping" permanent, et deux histoires parallèles qui s'emboitaient mal. "Beau rôle" c'est pareil, mais en pire. Rien n'est crédible, tout fonctionne de travers, ce n'est même plus drôle, c'est même parfois gênant. Je vais dire une monstruosité, mais bon : quand on voit les réflexion d'Antoine sur son "rapport à sa couleur", à l'ambigüité (de façade) de son "succès ethnique", on sent bien que Nicolas Fargues est un bon blanc, bien propre sur lui. Tous ces passages sont d'un simpliste consternant, ou comment en voulant casser les clichés sur l'ethnicité, et la discrimination positive plus ou moins consciente, un écrivain peut finir par les renforcer d'une manière très, très dérangeante dans la France de 2008. Dans le meilleur des cas, la couleur de peau du héros sera une caution sociale. Ce qui est, déjà, dérangeant. Pour la réflexion, par contre, mieux vaut relire "Effacement".
L'aspect "succès story ciné" du bouquin, souffre du même problème : Nicolas Fargues n'ayant utilisé pour documentation que quelques numéros de Closer, et deux ou trois discussions avec des peoples dans les coulisses de Ruquier, il enfile les clichés sur le cinéma, comme autant de perles. Oui, elle est agaçante, cette "grande et belle famille du cinéma français", toujours unie, toujours con-sensuelle. Mais de là à lui reprocher tout, n'importe quoi, et leur contraire, sans la moindre nuance...Non, il me manque quelque chose : l'empathie. Nicolas Fargues ne témoigne que d'un vif mépris pour ses personnages, et pour l'univers dans lequel ils évoluent. Rien ne trouve grâce à ses yeux, au point que j'ai fini par me demander quel intérêt il pouvait bien trouver à écrire là-dessus.
Un bon point, tout de même : c'est agréablement écrit. Je dois le reconnaitre. C'est plutôt ce que sous-entend la morale du livre, qui m'a vraiment agacée. Mais vraiment : beaucoup.
12 février 2008
"Tromperie" - Philip Roth °
C'est un livre impossible à résumer. Du reste, pour parler franchement, j'ai détesté et j'ai bien failli arrêter à au moins trois reprises.
J'ai déjà lu des livres de Philip Roth, et je sais combien il peut parfois être brillant, mais ce n'est pas le cas dans celui-ci. Qu'il se refuse à appliquer des schémas de narration classiques passe encore. Ca ne lui interdit pas de rendre son roman intéressant, or "Tromperie" est ennuyeux à mourir. Il est répétitif, verbeux, et sonne parfois vraiment très creux. D'autant que la compréhension de certains passages m'a semblée un peu délicate : durant les premiers chapitres, le fait de ne jamais précisément savoir qui parle à qui est séduisant. Cela donne au texte un côté énigmatique. Mais 200 pages comme ça !
Enfin, il y a les thèmes : rien de bien original, juste du sexe et du judaïsme. Sacré Philip Roth, il ne s'en laissera donc jamais ! Depuis le temps, je pense que tous ses lecteurs ont bien saisi qu'il était juif et que ça le travaillait. Avant d'être juif, Philip Roth est humain : or son livre, à cause de cette forme (ou non-forme) contient énormément de judaïsme, mais très peu d'humanité.
Le plus amusant, c'est tout de même le quatrième de couverture qui loue "l'extrême originalité" du roman et "l'inlassable créativité" de l'auteur...en effet, si être inlassablement créatif consiste à écrire n'importe quoi n'importe comment, "Tromperie" est un chef d'oeuvre.
"Recherche jeune femme aimant danser" - Mary Higgins Clark °
Comme on peut le deviner avec le titre, ce roman nous montre une jeune femme répondant à une annonce. C'était une idée de départ dont l'originalité est discutable, mais ça vaut pour certains chefs d'oeuvre, alors pourquoi pas ?
Ce qui dès le début est plus agaçant, c'est la fille en elle-même. On a beaucoup parlé du fait que Mary Higgins Clark ne choisissait que des héroïnes, mais je ne savais pas (ou j'avais oublié) qu'elle ne choisissait que des gourdes. La fille va à ce rendez-vous en se disant "Oh, oh, c'est un peu risqué, quand même", et on l'imagine tout à fait en train de glousser "hihihi ! quelle aventure tout de même !"......
Ca fait froid dans le dos. Suivre les aventures d'une idiote finie durant 277 pages est terriblement douloureux. En plus, elle ne meurt pas à la fin ! la vie est trop injuste...
"Monsieur Tac" - Pascal Bruckner °
Ce livre est très particulier. C'est la première fois que ça m'arrive : il est tellement mauvais que je ne sais pas quoi dire dessus.
Dans "Monsieur Tac", son premier roman, Pascal Bruckner nous raconte l'histoire d'un voyage imaginaire au pays merveilleux de l'alphabet. 26 chapitres pour 26 lettres, autant d'aventures aussi délirantes que lamentables. Il y a sans doute un propos philosophique derrière, car on sent que l'auteur essaie de se livrer à une satire de l'époque contemporaine, mais c'est amené de manière tellement didactique que ça frise le ridicule. Je ne comprends même pas à quoi sert ce livre.
Quand je l'ai lu, je me suis souvenu de ce que disait souvent mon grand-père : "il n'y a rien de plus triste qu'un livre qui essaie d'être drôle et qui ne l'est pas." ! C'est un peu ça, "Monsieur Tac" : Pascal Bruckner a de grandes qualités, c'est un écrivain brillant, et l'un des philosophes les plus importants de notre époque, mais s'il y a bien une qualité qu'il n'a pas, c'est l'humour. Essayer d'être comique et ne jamais y réussir, c'est d'une tristesse incroyable !
"La mort des neiges" - Brigitte Aubert °
Jean-Christophe Grangé, "Seven", Mary Higgins Clark, et un snuff movie dans un shaker. Vous secouez. Abracadabra, ladies & gentlemens, voici : Brigitte Aubert.
"La mort des neiges" est une horrible histoire de serial-killer montagnard qui crucifie les femmes (ne riez pas, je vous assure que c'est vrai). A ses heures perdues, je pense que Brigitte Aubert doit voter UMP, et militer pour le cumul des mandats. Je m'explique : comme elle ne savait pas quelle caractéristique donner à son héroïne, elle a été voir sur internet. Elle voulait que sa détective soit muette, mais c'était du déjà-vu. Elle a pensé alors la rendre aveugle, déjà fait. Elle a voulu la mettre dans un fauteuil roulant, mais c'est totalement dépassé depuis l'Homme De Fer. Alors Brigitte a décidé que son héroïne serait...aveugle, muette ET en fauteuil roulant !! Au moins, notre romancière n'a pas peur du mot décence...surtout lorsqu'elle nous fait le grand couplet sur la souffrance d'une héroïne dont elle n'a pas l'air d'avoir grand chose à faire. J'ai eu une brusque envie de lui crever les yeux (à l'auteur, l'héroïne est déjà aveugle , je ne serais d'ailleurs pas surprise qu'elle nous couve un cancer pour l'épisode suivant).
Pour le serial-killer montagnard, c'est un peu pareil. Comme l'auteur essaie de faire original, il change tout le temps de mode opératoire : il crucifie, mais il n'a rien contre le poignard, ou un bon coup de revolver (du moment qu'il peut toujours arracher des yeux et des langues à ses heures perdues)...donc, Brigitte Aubert pratique la surenchère dans l'horreur, au point qu'elle déclenche un fou rire toutes les deux pages...et je suis gentille, je ne vous raconte pas la fin, plongée hallucinante dans le Rien, le Néant, le N'Importe Quoi...grotesque, grandiloquente, et totalement débile. Cela dit le contrat est rempli : la fin est imprévisible. Normal : la fin c'est n'importe quoi. Même Kassovitz n'oserait pas en faire un film.
