25 octobre 2009
Viol - Love Boat * * *
Cher Monsieur Violin,
J'avais déjà beaucoup aimé votre précédent
disque (qui n'avait pas de titre), mais là, je dois dire que cette
fois-ci, je tends vers la rage. Depuis juin dernier, que notre ami
commun Thomas, a mis en ligne votre Love Boat, je n'arrête pas de
l'écouter. Cet album m'obsède, au point que j'aie fini par renoncer à
mon idée de départ, celle de rédiger une chronique en bonne et due
forme, pour écrire ces quelques mots. Monsieur Violin, quel est donc
votre problème ? Comment se fait-il que vous en soyez réduit, si vous
me passez l'expression, à diffuser votre musique sur le Golb, bouge
dans lequel vous avez, certes, vos habitudes, mais qui sans le moindre
doute, n'est pas à la hauteur de votre talent ? Je sais que le monde du
disque est impitoyable. Mais tout de même : il me semble que votre
place est ailleurs. Dans des lieux où votre sens, inné, remarquable, de
la mélodie, saura être apprécié par le plus grand nombre. Et je ne le
dis pas, croyez-moi, pour vous flatter.
La finesse avec laquelle vous
placez votre (belle) voix, l'intelligence de votre écriture, le talent de vos
textes, tout cela vous place bien au-dessus de la masse. Il y a, dans
votre Love Boat, une fluidité, et une maîtrise, qui donnent
l'impression que dix ans se sont écoulés, depuis l'album d'avant. En
deux ans, vous voilà passé de jeune gars prometteur, à artiste
accompli dont, à titre personnel, j'attends avec une certaine
impatience le prochain "disque".
Parce que, Monsieur Violin, il y a sur
celui-ci ce que j'appellerais, mais cela n'engage que moi, de grandes
chansons. De celles qui vous marquent, que vous écoutez inlassablement,
que vous ne sauriez oublier, ni dévaluer, avec le recul. Je le pensais
il y a quelques mois, en entendant pour la première fois "Ignorance
makes you pretty", "Seasons of the sun", ou "Death Letter". Je le pense
encore maintenant, et je gage que je le penserai encore, dans un an.
Lorsque ces morceaux ne me font pas frissonner (c'est le cas de la
dernière que je citais, par exemple), ils se contentent de me faire
chanter à tue-tête, ce qui est déjà remarquable, sans jamais avoir eu
les textes sous les yeux, je les connais tous par cœur. Alors comment
ne pas vous souhaiter le meilleur, pour la suite ?
Laiezza.
Télécharger l'album
PS : Je crois savoir que nous habitons, désormais, non loin l'un de
l'autre. J'espère que vous aurez l'amabilité de me prévenir, si
toutefois vous deviez y donner un concert !
05 octobre 2009
"Spin City" - Bill Lawrence et Gary Goldberg * * *
"Spin City", c'est sans doute, avec "Sex and the City", la série qui m'a le plus fait rire de toute ma vie. A l'époque, c'était facile, il n'y avait pas autant de super séries qu'aujourd'hui, et puis le téléchargement, le streaming, tout cela n'existait pas, on regardait bêtement ce qui passait à la télé (souvent pas le meilleur). Mais en sortant des cartons (avec pas mal d'années de retard) la série qui ressuscita la carrière de Michael J. Fox, Canal + a vraiment rendu un fier service à ses abonnés, leur garantissant quelques samedis soirs radieux.
Si vous n'avez jamais entendu parler de ce programme, pourtant souvent rediffusé (je crois qu'il passe encore sur France 4, en ce moment), "Spin City" raconte l'histoire du cabinet du maire New York, et plus spécialement celle de son premier adjoint, Mike Flaherty, qui a bien du travail pour éponger, dans chaque nouvel épisode, la dernière gaffe en date de Monsieur Winston (l'invraisemblable - mais hilarant - Barry Bostwick). Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que Mike n'est pas aidé, son équipe se composant surtout de bras-cassés : Stuart, le troisième adjoint obsédé sexuel, Paul, l'attaché de presse demeuré, Nikki, la comptable fleur bleue, James, le gentil naïf écrivant les discours, et bien sûr Carter, embauché dans le premier épisode pour représenter les minorités au sein du cabinet (il est black ET gay). Au fil des épisodes, ce "noyau dur" sera rejoint par d'autres personnages (et même un chien suicidaire), tous plus loufoques les uns et que les autres.
Tout cela n'est pas très sérieux, vous dites-vous, et vous avez raison. A la différence de "Scrubs", série écrite, quelques années plus tard, par la même équipe, et qui parfois le cède à l'émotion, "Spin City" n'a pas d'autre ambition que d'être une comédie drôle, efficace et, de préférence, familiale. Elle remplit plus que très bien son rôle, (avec même, parfois, un zest de mauvais esprit), manque rarement son but, et ce jusqu'au bout (ce qui est rare, pour une série). Et, lorsqu'au bout de quatre saisons Michael J. Fox, gravement malade, est obligé de céder sa place à Charlie Sheen, la série, loin de s'enliser, trouve une seconde jeunesse grâce à la botte secrète des auteurs : l'auto-dérision. "Spin City" est une série qui se moque d'elle-même en permanence, et tourne ses propres acteurs en dérision. Ainsi, pendant quatre ans, Fox jouera de son image de zébulon monté sur piles. Plus tard, Heather Lockler se montrera sous un jour totalement inattendu, tout comme Denise Richards se moquera de son image de bimbo, ou Sheen de sa réputation de séducteur invétéré et fêtard de première (la même réputation qui lui valut, au début des années 90, une longue traversée du désert).
Bref, de l'énergie, de la bonne humeur, de vannes qui tuent, et des acteurs survoltés. C'est le cocktail d'un bon sitcom, et celui-ci est un des meilleurs. Essayez si vous ne me croyez pas, vous ne serez pas déçus !
