15 septembre 2009
"Hours" - David Bowie *
Des fois, quand vous blogguez (je ne saurais jamais écrire ce mot), il se passe des choses étranges. J'étais partie pour écrire une chronique très positive de l'album Hours, qui m'a été attribué par un hasard nommé Xavier, dans le cadre du David Bowie Blog Tour. Moi, consciencieuse, je ressors l'album des cartons (je ne l'écoute pas tous les jours, vous non plus, je parie), je le passe un peu, histoire de m'en imprégner...Et là, c'est le drame, je m'ennuie comme pas permis, et m'aperçois que je ne le trouve pas terrible du tout. Comment est-ce possible ? J'aurais pourtant été prête à parier que Hours, c'était un très bon disque, et même un grand album méconnu. Tout ceci était-il un mirage ?
Hours est sorti en 1999, après deux grands disques, Outside, l'album préféré de tous les snobs, et Earthling, le véritable (et à mon avis seul) grand chef-d'œuvre de Bowie dans les années 90, un grand disque "pop" caché dans un costume drum'n'bass. Pour Outisde je blague, bien sûr, c'est un très bon disque, mais qui contient énormément de longueurs, ce que Bowie lui-même a reconnu quelques années plus tard. Tenez : on pourrait dire pareil d'Hours, en fait. Sauf que ce serait juste un bon disque. Et que les longueurs seraient surtout du remplissage.
En fait, Hours fait appel à un procédé que, dieu soit loué, le téléchargement a fini par éradiquer. La technique, très répandue dans les années 90, consistait à mettre le meilleur titre du disque (qui était aussi, souvent, le single) en plage un, de manière à ce qu'en découvrant l'album sur une borne d'écoute, on reste sur une bonne (ou excellente) impression. En l'occurence, un certain "Thursday's child", qui donne l'impression d'être un inédit caché par Bowie en 1971. N'importe quel amateur entendant cela, il achetait l'album (de toute façon, à cette époque, les amateurs de musique achetaient tous les albums des artistes qu'ils aimaient, souvent sans passer par la borne d'écoute, c'était le bon temps, enfin surtout pour les "dir' com'"). Après, le reste pouvait bien n'être que remplissage, du moment que l'album était acheté, c'était bon. Cela ne vous étonnera pas, si je vous dis qu'Hours s'est plutôt bien vendu.
Le problème, c'est que derrière "Thursday's child", il n'y a pas de quoi monter aux rideaux. "Something in the air" est mignon, "Survive" est un très bon morceau de Placebo (que j'aime bien, n'allez pas croire!). "If I'm dreaming my life", c'est un de ces morceaux un peu "lounge" ("très ennuyeux", en français) que Bowie s'entête à caser sur tous ses albums depuis Black Tie, White Noise, un truc pas désagréable, mais que personne n'aurait la folie d'écouter jusqu'au bout. "Seven", considéré comme la chanson la plus autobiographique de Bowie, est de loin la meilleure du lot, une petite pétite folk, façon Space Oddity (l'album, pas la chanson, qui n'est pas folk du tout). C'est le seul morceau de l'album qui aurait mérité de devenir un classique. Le reste est vraiment soporifique, informe, répétitif. Sans ligne directrice apparente, Bowie passe d'une pop assez classe (mais un peu artificielle), à un cyber-rock affecté (si "The Pretty things are going to hell" n'est pas une chute d'Earthling, c'est très bien imité), et, sur le final, à de la drum'n'bass psychédélique, genre évidemment très lourd et ennuyeux, qu'il semble cependant avoir inventé.
Comment ce disque a-t-il pu s'attirer autant de bonnes critiques ? Mystère et boule de gomme. D'autant que c'est sur cet album que le guitariste Reeves Gabrels, considéré par les critiques comme un gros loser, à juste titre, a composé le plus de titres (en fait, il les a tous cosignés). Aucun doute qu'en 1992, avant la "résurrection", cet album inutile aurait été un gros four, et Gabrels renvoyé à ses disques de hard FM.
A présent, à qui je le refile, le tag ? J'aimerais assez voir ce qu'Emma a à nous dire, sur Bowie ;)
Commentaires
Hé bien, nous avons eu une réaction totalement inverse: partant d'un à priori positif, tu as été bien décue, moi c'est le contraire! je comprend parfaitement tes critiques, Hours manque un peu de relief, je pense qu'il faut l'écouter pas mal avant d'en voir toute la richesse.
deux points avec lesquels je suis en totale opposition: le "coup du premier titre", "Thurday's child" étant tout à fait dans l'esprit du disque (donc pas de tromperie dans la marchandise), tout en en constituant pas le sommet (puisque tu le dis bien, le sommet est plutot "Seven").
Ensuite sur Reeves Gabrels, où as tu lu que c'était un looser? pour ma part je trouve qu'il a beaucoup apporté à Bowie, et que les albums auquel il a participé font partie de mes préférés...
en tout cas merci de ta participation, avec ces deux chroniques différentes le lecteur pourra se faire sa propre idée sur le disque...
j'attend le contact d'Emma (une branche féminine à ce tag, c'est pas mal ;)
Je te trouve dure, quand même.
Cela dit pour répondre à Xavier : oui, Gabrels est un gros loser, Bowie lui-même a laissé entendre qu'il le laissait co-signer les titres par pitié parce qu'il avait besoin d'argent...
(note mes commentaires précédents ont disparu... effacé?)
Je dois dire qu'autant Thursday's Child est magnifique autant le reste, me laisse dubitatif... encore que... encore que les seules versions de Hours que je connais sont celles issues de son live à la BBC en 2000: de bons titres mais globalement dispensables (autant dire que l'absence du dit Thursday's Child sur ce live m'a fait grincer qq dents)
Alors Bowie a continué de faire du social dans les 90's , avec désormais son guitariste... faut dire qu'il avait une expérience redoutable, après l'épisode Iggy Pop...
j'allais mettre le meme commentaire que le Doc..; quel philantrope, ce David !
pour ma culture, en quoi ce brave Reeves serait il un looser? il me semblait plutot bon guitariste....
Encore un Bowie que je n'écoute quasiment jamais mis à part quelques titres éparts de ci de là (comme tous les Bowie à partir de 1980 en fait).
De très bons titres, mais pas non plus la panacée... Alors que Heathen... :-)
Sinon, j'aurais appris quelque chose: le guitariste c'est Reeves Gabrels. Pour une raison que j'ai toujours ignorée, mon cerveau a toujours bugué à son évocation et je croyais que c'était Reeves Gabriel. Gabrels fait vachempent plus loser, c'est vrai ;-)
Hours, album mineur et dispensable malgré quelques passages intéressants.
Grisé a tout dit.
C'est difficile à se forcer à écouter cet album, mais j'y viens plusieurs fois par ans, les jours où je laisse glisser tout Bowie sur ma liste iTunes pour accompagner une journée de travail.
Album pas mauvais, avec même des tas de trucs qu'on dirait vachement bons, sauf que mis bout à bout, ils font des morceaux sans caractère et un album sans beaucoup d'âme.
Heaven saura réussir là où Hours a raté : faire un album normal (pas aussi travaillé que Outside ou Earthling) mais de qualité.
Sinon, "Outside, l'album préféré de tous les snobs"
Alors là, j'étais pété de rire (même si je ne suis aaaaaabsolument aps d'accord, cet album étant pour moi très terre à terre et trippal, mais nous nous fighterons dessus chez GT en temps voulu).
je co-signe en pensée ta critique, lisa :-)
moi je trouve que mes les plus doux d'enter vous sont déjà exagérément fans de thursday child à mes yeux.
un gentil morceau, pas raté mais pas fabuleux, j'ai trouvzé le tout un peu mou du cul, ça tortille pas des masses du derche, là où bowbow est si bon ^^
ah, pour Outside...
pour moi c'était un éclair dans la nuit ce disque, un album de moebius en musique,
et puis quand on voit qu'il a fait la BO de Lost highway des années plus tard, et que malgré ça dans cette BO il est encore en avance sur totu le monde, c'est flippant ^^
mais comme j'ai un côté snob, je ne démentirai pas cette partie de ta remarque ;-)
@ Xavier : un bon guitariste ? Tu rigoles, j'espère! Il faut quand même préciser que sur "Outside", les superbes parties de guitares, elles sont de Carlos Alomar, pas de Gabrels. Par contre, sur Tin Machine, c'est bien Gabrels. La différence saute aux yeux (enfin, aux oreilles).
@ Arbobo : tu avais bu, non, quand tu as écrit ton premier commentaire ? :D
Encore quelque chose que j'ignorais, moi qui pensais que le nouveau Bowie devait pas mal de choses à Reeves Gabrels... Il faut dire que je ne connais pas du tout (pas encore...) les albums de Tin Machine!
non, ça c'est quand j'écris pas d'article ^^
me fait bailler rien que d'y penser, ce disque
@ Xavier : bonne découverte, en espérant que tu aimes le rock FM :)
@ Arbobo : d'accord, tu t'endormais, en fait ;)
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