22 mai 2009
"The X-Files" - Chris Carter * *
Il remet ça ! Thom Sinaeve, à peine l'odyssée des séries refroidie, "remet le couvert" avec "Retour vers le passé", référendum consacré, pour sa part, aux années 1990. De quoi raviver des souvenirs d'adolescence, à pas mal d'entre nous.
En ce qui me concerne, si je regarde peu de séries aujourd'hui (faute de temps, plus que de goût), j'en regardais beaucoup des les années 1990, et je peux vous dire que c'est avec émotion qu'hier, à l'occasion de ce nouveau référendum, j'ai revu, pour la première fois depuis des années, un épisode des "X-Files". En effet, aussi bizarre que cela puisse sembler, vu que je suis connue pour ne pas trop aimer la S-F, j'ai été, dans ma jeunesse, une fan des "X-Files". Et bien sûr de ses deux héros : Fox Mulder et Dana Scully. Ah ! Mulder et Scully ! ne seraient-ce pas les plus grandes icônes des années 1990 ?
En 1996-97 (époque de l'apogée de la série), vous pouviez aller n'importe où, prononcer leurs noms devant n'importe qui, tout le monde savait de quoi vous parliez. Même en France ! "X-Files", c'était plus qu'une série, c'était un phénomène de société. Un feuilleton long et complexe (c'est le moins que l'on puisse dire : 9 saisons, 201 épisodes !), parfois très difficile à suivre (parce que l'arc principal - environ 70 épisodes en tout - était dilué, sans doute trop, dans des intrigues secondaires), mais dont les deux personnages principaux étaient si charismatiques, qu'elle devint quand même un succès planétaire.
Mais c'est que les "X-Files", en dehors de leur contenu, avaient un côté très "novateur", qu'on a un peu oublié. Aucune série, avant celle-ci, n'avait traité les personnages de manière si paritaire (l'homme était toujours le héros, la femme le faire-valoir, ce qui n'est pas le cas ici, Mulder étant bien souvent le faire valoir de sa complice), n'avait osé des intrigues aussi complexe, ou à ce point soigné l'écriture, ou la mise en scène. A part, bien sûr, "Twin Peaks", à laquelle les "X-Files" doivent énormément. L'autre innovation d'importance étant, évidemment, l'introduction d'une mythologie dépassant largement les frontières du programme, pour revêtir un côté presque "interactif" ("X-Files" et l'essor du Web sont, d'ailleurs, intimement liés). Introduction ou réintroduction, plutôt, puisqu'une autre série avait déjà expérimenté cela, dans les années 1960 : "Star Trek".
Si l'expression "série culte" désigne, aujourd'hui, n'importe quelle série que dix personnes adorent, elle a été inventé pour qualifier les "X-Files", et ce n'est donc pas un hasard.
Bien sûr, ce billet n'était qu'une rapide mise en bouche. Une piqûre de rappel avant de voter, peut-être. Du teasing ! Je laisserai à d'autres le soin de décrypter cet univers, d'une rare richesse, qui a su doper l'imaginaire de ses spectateurs au-delà de ses défauts, ce qui n'est pas si courant.
