14 mai 2009
"The Afterlife" - Elysian Fields * * *
Je m'étonne, depuis quelques semaines, de ne pas encore avoir lu d'article sur le superbe dernier album d'Elysian Fields, sorti en mars. Un sixième disque en quinze ans (sept, si l'on compte Black Acres, jamais sorti de manière "officielle") qui creuse le même sillon que le précédent (Bum raps and love taps), une sorte de jazz torride, ténébreux, érotisant...(J'arrête ici pour ne pas tomber dans certains travers).
The Afterlife, c'est le genre de disques qui vous font douter, vous obligent à chercher vos mots : "superbe", c'est fait ; "torride", "ténébreux", "érotisant", c'est bon. Si je rajoute "sexy", est-ce que ce ne sera pas trop ? Mais en fait, avec Elysian Fields, ce n'est jamais trop, surtout lorsqu'il est question d'Afterlife (leur meilleur ?), et c'est en grande partie à cause de Jennifer Charles, si tourmentée (donc : rayonnante). Enlevez sa voix, c'est beaucoup moins bien. Lorsqu'Oren Bloedow pointe le bout de sa voix (sur "Ashes in winter light"), c'est pour ânnoner la moins bonne chanson de l'album, et là, tout est dit.
Ce n'est pas, pourtant, une question de la musique qui serait inférieure à l'interprétation, ou des arrangements qui vaudraient surtout pour ce qu'ils accompagnent ; pas du tout : c'est surtout qu'Elysian Fields a trouvé, il y a déjà longtemps, une formule miracle, une adéquation parfaite entre l'organe vital de Jennifer Charles, et des compositions lui permettant de s'exprimer pleinement ("How to die" est le meilleur exemple, sur cet album, dont c'est aussi le meilleur morceau, sinon même le meilleur morceau du groupe, tout court).
Alors, évidemment, certains affreux petits snobs noteront que c'est toujours un peu pareil, un site a même osé écrire cette phrase odieuse : "A force, on a un peu l'impression que tout ça sent le vieux sexe avec deux anciens amants qui recherchent les bonnes vieilles combines pour se chauffer mais qui, au final, se retrouvent à resservir toujours les mêmes potages.". Je ne prendrai même la peine de répondre ; ne pas savoir faire la différence entre un groupe qui ressasse, et un groupe qui a son style, quand on prétend parler de culture, c'est assez dommage.
Cliquer sur l'image pour écouter un extrait.
Commentaires
Moui... pas vraiment convaincu que cet album soit "à ne surtout pas manquer", quand même...
Thom
L'as-tu réécouter depuis sa sortie ? Laisse une chance, tu vas voir...
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