115th Dream

Mes carnets de culture. Des livres, des disques, des films...Entre autres !

16 avril 2008

"The Libertines" - The Libertines * * * *

libsJe me faisais la réflexion l'autre jour : déjà quatre ans que ce disque sortait. Le second album des Libertines...J'ai l'impression que c'était l'an passé. C'est le seul disque, je crois, que j'ai reçu comme un classique, tout de suite. Qu'est-ce que je veux dire ? Je veux dire que pour moi, un disque classique, c'est un disque qu'on a l'impression d'avoir toujours connu le jour de sa sortie, puis qu'on a l'impression de découvrir à chaque fois pour la première fois, durant les années qui suivent.
C'est très bizarre à définir. J'ai, en fait, du mal à me souvenir qu'à une époque, "Can't stand me now" n'avait pas été écrite. Ce que je ressens pour "Bob Dylan's 115th Dream", ou pour "Blackbird" (des Beatles)...A la différence que "Can't stand me now", je l'ai vue sortir, j'ai connu le monde avant elle, j'ai même connu les Libertines, avant elle. C'est très étrange, je vous assure, j'ai peur de très mal l'expliquer.
A 22 ans, moi, je me croyais un peu vieille, pour virer fan. Les Libertines ? Le premier était excellent, mais c'était un peu trop "ado en colère" pour moi.  Peter Doherty, nouveau Rimbaud ? On y croit. La poésie rock'n'roll, comme on dit, je n'y ai jamais cru. Dylan est un grand poète. John Lennon est grand auteur de chansons, nous pourrions en discuter, mais pour moi, ça n'a jamais fait un pli.
Quand le second album des Libertines est sorti, il ne portait pas de titre, et il n'en avait pas besoin. C'était ça, les Libertines. La musique était rageuse, mais contrôlée, on sentait un travail, on sentait une fierté à montrer ce travail. Le talent de Doherty et Barat, était désormais arrivé à maturation. La "maturité", voilà un mot qui fait peur aux punks. Johnny Rotten, vieillissant, a changé de nom. Les Ramones, à partir de 1981, ont publié tous les deux ans le même disque (Thom, ne bondis pas, tu sais que c'est vrai) ; ils ont même commencé à recruter des jeunes, dans le groupe, pour oublier qu'ils étaient vieux. Joe Strummer est bien le seul, à ne pas avoir eu peur de vieillir. Cela lui a, d'ailleurs, couté son public. C'est vers cela que vont les Libertines à partir de 2004.
Y-a-t-il encore des hymnes adolescents, sur The Libertines ? Il y a "What became of the likely lads", qui sonne comme un adieu, en dernière plage. "Last post on the bugle", ou "Campain of hate", cela n'envoie plus vraiment la purée. C'est déjà plus subtil que "Time for heroes". "What katie did", c'est planant, c'est du doo-wop, presque. Vous avez déjà vu du doo-wop joué par des adolescents ?
The Libertines a été mon disque du passage à l'âge adulte. En même temps que les Libertines, même si Pete Doherty s'est dépêché, après, de retrouver sa chère adolescence. Il a eu peur, moi aussi, mais un peu moins. J'ai arrêté de l'aimer après, pas que sa musique soit devenue mauvaise (Shotter's Nation restera l'un des très bons disques de 2007), c'est moi qui suis devenue grande. J'ai suivi une route logique. The Libertines, le disque générationnel ? Pour les gens nés à partir de 82 (je suis de la toute fin 81, en fait), qui sont un an trop jeunes pour avoir connu le grunge, c'est une certitude...

(cliquer sur l'image pour écouter un extrait : "What Katie did")

Voir aussi : "Bound together" - Anthony Thornton & Roger Sargent (biographie)

(voir aussi la chronique de Guic' The Old)

Posté par Laiezza à 15:38 - Hors-Classe - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


« Accueil  1