115th Dream

Mes carnets de culture. Des livres, des disques, des films...Entre autres !

28 mars 2008

"Un homme accidentel" - Philippe Besson *

hommeaccPhilippe Besson est un auteur bizarre, intéressant parfois, mais très inégal dans sa (dense) production. Il est vrai qu'il a écrit de jolis livres, par exemple : "Son frère", émouvant, un peu pathos, mais réussi. Ou, plus récemment, "Les jours fragiles", livre acclamé par tous. Ses autres ouvrages ? Ils m'ont laissée sceptique. "Se résoudre aux adieux" m'a même atterrée, tant il m'a paru niais, carrément cucul.
Après avoir entendu le plus grand bien de cet "Homme accidentel", je me suis décidée à le lire, à son tour. Pas convaincue, la Laiezza, c'est peu de le dire ! L'histoire est à peine digne d'un téléfilm de France Télévisions : un flic enquêtant sur le meurtre d'une prostituée, rencontre la nouvelle star du tout-Hollywood. Une histoire d'amour impromptue va se nouer entre ces deux hommes, que tout oppose. Pas très convaincant, comme point de départ. Pourquoi, déjà, faire se dérouler l'histoire à L.A. ? Pourquoi un flic travaillant sur les bas-fonds de la ville, d'un côté, et une star de cinéma, de l'autre ? Quel besoin Philippe Besson a-t-il eu, de mettre en scène ses personnages dans cet univers à la Ellroy ? Résultat, la partie enquête ne sert à rien (c'était prévisible), et la partie entourant le monde du cinéma, n'est qu'une enfilade de clichés.
Il ne reste que l'histoire d'amour. Il y a dix ans, sans doute ce livre aurait-il pu avoir une portée très importante. Aujourd'hui, malheureusement, il fait aussi cliché qu'un autre, écrire une histoire d'amour homosexuelle n'ayant plus grand chose d'original, ni de marginal, depuis bien des années. D'ailleurs, Besson ne prétend pas à l'originalité : au contraire, comme l'indique le titre, il prétend montrer à quel point cette histoire est, en fait, aussi banale qu'une autre. C'est très réussi ! son histoire est si banale, que j'en suis arrivée à me demander : pourquoi il l'avait écrite !
Ces émois ne sont pas mal restitués, et pas mal racontés. C'est ce qui sauve le livre de la nullité. Mais, les personnages évoluant dans un monde de papier glacé (carton pâte), j'ai eu du mal à me concentrer sur l'essentiel. Les deux livres réussis de Besson, cités plus haut, avaient tous les deux la particularité d'être des (presque) huis-clos. Apparemment, cet auteur est plus doué pour les face à face, que pour les histoires à thèmes multiples. Peut-être, alors, qu'il devrait y revenir ?

Posté par Laiezza à 09:14 - A voir - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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