19 mars 2008
"La Dame N°13" - José Carlos Somoza * *
Pablo Neruda disait que la poésie était une arme pour le futur. Ce texte, méconnu chez nous, n'a pu qu'inspirer José Carlos Somoza pour ce roman, qui bien que cubain réside à Madrid depuis de nombreuses années.
C'est l'histoire de Salomon Rulfo, enseignant dépressif souffrant de rêves étranges, et macabres. C'est par hasard qu'il découvre que cette vision est celle d'un fait divers réel, et ancien. Alors, il décide de se rendre sur les lieux, et met le doigt dans un engrenage terrifiant, qui l'enverra aux confins de l'horreur et finira par le confronter à la terrible Dame N°13.
Je n'en dirai pas plus. Mais si le postulat de départ est presque bateau, le développement de l'intrigue ne l'est vraiment pas du tout ! Basé sur une idée lumineuse, et écrit dans un style superbe, "La Dame N°13" est un livre de premier choix qui, hélas, souffre un peu de quelques longueurs, et d'une fin décevante. Cela dit, durant au moins quatre cent pages, le lecteur est tenu en haleine. On veut savoir, on veut comprendre, et plus grave : on veut voir, et ce que l'on voit est horrible. Comme dans son chef d'oeuvre, "Clara et la pénombre", Somoza, qui n'est pas sud-américain pour rien, se laisse aller à une complaisance dans l'horreur et la violence, qui pourra déstabiliser le lecteur non-averti. Mais cette violence n'est pas gratuite, elle interroge, se juxtapose au propos du roman : la poésie, synonyme dans l'imaginaire collectif de beauté, de douceur, peut aussi être noire et violente. L'art peut être fou, glauque, mal aimable.
C'est la morale de ce troisième roman très réussi, que je vous recommande, si le coeur vous en dit...Et s'il est bien accroché !
(voir aussi les avis de Laurence et Dda sur Biblioblog ; de Thom sur Le Golb)
