17 février 2008
"Sweeney Todd" - Tim Burton *
Je n'avais pas prévu de billet pour aujourd'hui, mais finalement, j'ai un peu de temps. J'en profite donc.
Comme tout le monde, j'aime beaucoup Tim Burton. Cependant depuis "Big Fish", j'avoue que ses films ont tendance à me laisser sur ma faim (à l'exception du film d'animation "Corpse Bride"). "Sweeney Todd", comédie musicale à forte charge en hémoglobine, n'a pas vraiment inversé cette tendance.
Sans donner lieu à un mauvais film, l'histoire du barbier serial-killer ne m'a pas emballée, malgré une esthétique "noir et rouge" remarquable. Visuellement superbe, le long-métrage m'a paru, hélas, négliger beaucoup d'éléments importants, comme le scénario ou l'épaisseur des personnages. Déjà, ce n'est pas si original que je le croyais à lire les critiques. Le scénario est réchauffé, l'aspect comédie musicale est anecdotique, et dans l'ensemble, j'ai eu l'impression de l'avoir déjà vu.
Mais ce qui m'a le plus ennuyée, c'est que Tim Burton y a perdu ce qui séduisait même dans ses films les moins bons ("Charlie" ou "La planète des singes") : l'éclat. Je n'ai pas retrouvé sa fantaisie caractéristique, sa poésie, ses éclairs de drôlerie, caractéristiques. Du Burton que j'aime (celui des "Batman", d' "Edward aux mains d'argent", ou de "Sleepy Hollow"), ne reste que l'esthétique gothique glaciale, très à la mode de nos jours. De ce point de vue, "Sweeney Todd" est très réussi, et devrait plaire aux amateurs d'esthétisme, autant qu'à ses fans adolescents, séduits par la surenchère dans le macabre. Les plus âgés, en revanche, déploreront un film aussi beau que vide, un acteur (Johnny Depp) tenté par l'autoparodie, et un réalisateur qui, incroyablement, tent à régresser au lieu de mûrir son propos.
Pour utiliser une comparaison un peu excessive : autrefois, Tim Burton était l'équivalent visuel du romantisme sombre de The Cure ; aujourd'hui, il semble surtout s'adresser aux fans de Marilyn Manson. Décevant.

