115th Dream

Mes carnets de culture. Des livres, des disques, des films...Entre autres !

25 octobre 2009

Viol - Love Boat * * *

LoveBoatCher Monsieur Violin,

J'avais déjà beaucoup aimé votre précédent disque (qui n'avait pas de titre), mais là, je dois dire que cette fois-ci, je tends vers la rage. Depuis juin dernier, que notre ami commun Thomas, a mis en ligne votre Love Boat, je n'arrête pas de l'écouter. Cet album m'obsède, au point que j'aie fini par renoncer à mon idée de départ, celle de rédiger une chronique en bonne et due forme, pour écrire ces quelques mots. Monsieur Violin, quel est donc votre problème ? Comment se fait-il que vous en soyez réduit, si vous me passez l'expression, à diffuser votre musique sur le Golb, bouge dans lequel vous avez, certes, vos habitudes, mais qui sans le moindre doute, n'est pas à la hauteur de votre talent ? Je sais que le monde du disque est impitoyable. Mais tout de même : il me semble que votre place est ailleurs. Dans des lieux où votre sens, inné, remarquable, de la mélodie, saura être apprécié par le plus grand nombre. Et je ne le dis pas, croyez-moi, pour vous flatter.
La finesse avec laquelle vous placez votre (belle) voix, l'intelligence de votre écriture, le talent de vos textes, tout cela vous place bien au-dessus de la masse. Il y a, dans votre Love Boat, une fluidité, et une maîtrise, qui donnent l'impression que dix ans se sont écoulés, depuis l'album d'avant. En deux ans, vous voilà passé de jeune gars prometteur, à artiste accompli dont, à titre personnel, j'attends avec une certaine impatience le prochain "disque".
Parce que, Monsieur Violin, il y a sur celui-ci ce que j'appellerais, mais cela n'engage que moi, de grandes chansons. De celles qui vous marquent, que vous écoutez inlassablement, que vous ne sauriez oublier, ni dévaluer, avec le recul. Je le pensais il y a quelques mois, en entendant pour la première fois "Ignorance makes you pretty", "Seasons of the sun", ou "Death Letter". Je le pense encore maintenant, et je gage que je le penserai encore, dans un an. Lorsque ces morceaux ne me font pas frissonner (c'est le cas de la dernière que je citais, par exemple), ils se contentent de me faire chanter à tue-tête, ce qui est déjà remarquable, sans jamais avoir eu les textes sous les yeux, je les connais tous par cœur. Alors comment ne pas vous souhaiter le meilleur, pour la suite ?


Laiezza.

Télécharger l'album

PS : Je crois savoir que nous habitons, désormais, non loin l'un de l'autre. J'espère que vous aurez l'amabilité de me prévenir, si toutefois vous deviez y donner un concert !

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05 octobre 2009

"Spin City" - Bill Lawrence et Gary Goldberg * * *

Spin_City___title"Spin City", c'est sans doute, avec "Sex and the City", la série qui m'a le plus fait rire de toute ma vie. A l'époque, c'était facile, il n'y avait pas autant de super séries qu'aujourd'hui, et puis le téléchargement, le streaming, tout cela n'existait pas, on regardait bêtement ce qui passait à la télé (souvent pas le meilleur). Mais en sortant des cartons (avec pas mal d'années de retard) la série qui ressuscita la carrière de Michael J. Fox, Canal + a vraiment rendu un fier service à ses abonnés, leur garantissant quelques samedis soirs radieux.
Si vous n'avez jamais entendu parler de ce programme, pourtant souvent rediffusé (je crois qu'il passe encore sur France 4, en ce moment), "Spin City" raconte l'histoire du cabinet du maire New York, et plus spécialement celle de son premier adjoint, Mike Flaherty, qui a bien du travail pour éponger, dans chaque nouvel épisode, la dernière gaffe en date de Monsieur Winston (l'invraisemblable - mais hilarant - Barry Bostwick). Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que Mike n'est pas aidé, son équipe se composant surtout de bras-cassés : Stuart, le troisième adjoint obsédé sexuel, Paul, l'attaché de presse demeuré, Nikki, la comptable fleur bleue, James, le gentil naïf écrivant les discours, et bien sûr Carter, embauché dans le premier épisode pour représenter les minorités au sein du cabinet (il est black ET gay). Au fil des épisodes, ce "noyau dur" sera rejoint par d'autres personnages (et même un chien suicidaire), tous plus loufoques les uns et que les autres.
Tout cela n'est pas très sérieux, vous dites-vous, et vous avez raison. A la différence de "Scrubs", série écrite, quelques années plus tard,  par la même équipe, et qui parfois le cède à l'émotion, "Spin City" n'a pas d'autre ambition que d'être une comédie drôle, efficace et, de préférence, familiale. Elle remplit plus que très bien son rôle, (avec même, parfois, un zest de mauvais esprit), manque rarement son but, et ce jusqu'au bout (ce qui est rare, pour une série). Et, lorsqu'au bout de quatre saisons Michael J. Fox, gravement malade, est obligé de céder sa place à Charlie Sheen, la série, loin de s'enliser, trouve une seconde jeunesse grâce à la botte secrète des auteurs : l'auto-dérision. "Spin City" est une série qui se moque d'elle-même en permanence, et tourne ses propres acteurs en dérision. Ainsi, pendant quatre ans, Fox jouera de son image de zébulon monté sur piles. Plus tard, Heather Lockler se montrera sous un jour totalement inattendu, tout comme Denise Richards se moquera de son image de bimbo, ou Sheen de sa réputation de séducteur invétéré et fêtard de première (la même réputation qui lui valut, au début des années 90, une longue traversée du désert).

Bref, de l'énergie, de la bonne humeur, de vannes qui tuent, et des acteurs survoltés. C'est le cocktail d'un bon sitcom, et celui-ci est un des meilleurs. Essayez si vous ne me croyez pas, vous ne serez pas déçus !

seriestv

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24 septembre 2009

"Plage de Manaccora, 16h30" - Philippe Jaenada * * *

9782246680215FSTiens, mais que devient Philippe Jaenade, ex Aristochat (mais membre des Chats, à titre honorifique) de son état ?

Eh bien. Il lui en arrive, décidément, des vertes et des pas mûres. Figurez-vous que Philippe, alors qu'il essayait d'avoir une vie ordinaire, en partant en vacances en Italie, a totalement raté son coup, puisqu'il a failli mourir. Entre nous, une telle constance dans la catastrophe, cela force le respect. Philippe a beau se réclamer de Bukowski, il évoque quand même, de plus en plus, Gaston Lagaffe. Si l'on met bout à bout tous ses livres, il lui est quand même arrivé un nombre d'aventures effrayant (le nombre, mais les aventures sont assez effrayantes, également).
On pourrait ne pas rire, après tout le narrateur et sa famille sont en train de risquer leur vie, mais c'est mal connaître Philippe J., qui ne manque jamais de délivrer au passage une petite vanne, une remarque acide, ou une considération existentielle ne manquant pas de rappeler les célèbres : "Lois fondamentalement fondamentales régissant l'univers" (marque déposée). Néanmoins, l'ensemble reste assez tendu, et le texte, particulièrement dense. C'est sûrement le livre le plus complet que Jaenada ait signé à ce jour, à la fois un bonheur de lecture, et en même temps un texte fort, mélancolique et haletant (oui, tout cela à la fois).
En temps que lectrice fidèle, c'est un véritable plaisir, car si j'avais jusqu'alors toujours l'impression, dans ses romans, qu'il manquait un petit quelque chose, ce n'est pas du tout le cas dans "Plage de Manaccora, 16h30". Celui-ci me donne l'impression exactement contraire : que rien ne manque, et que rien n'est en trop (je pense aux nombreuses digressions, typiques de l'auteur). A ne surtout pas manquer !


A lire également, sur ce blog

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15 septembre 2009

"Hours" - David Bowie *

Bowie___hoursDes fois, quand vous blogguez (je ne saurais jamais écrire ce mot), il se passe des choses étranges. J'étais partie pour écrire une chronique très positive de l'album Hours, qui m'a été attribué par un hasard nommé Xavier, dans le cadre du David Bowie Blog Tour. Moi, consciencieuse, je ressors l'album des cartons (je ne l'écoute pas tous les jours, vous non plus, je parie), je le passe un peu, histoire de m'en imprégner...Et là, c'est le drame, je m'ennuie comme pas permis, et m'aperçois que je ne le trouve pas terrible du tout. Comment est-ce possible ? J'aurais pourtant été prête à parier que Hours, c'était un très bon disque, et même un grand album méconnu. Tout ceci était-il un mirage ?

Hours est sorti en 1999, après deux grands disques, Outside, l'album préféré de tous les snobs, et Earthling, le véritable (et à mon avis seul) grand chef-d'œuvre de Bowie dans les années 90, un grand disque "pop" caché dans un costume drum'n'bass. Pour Outisde je blague, bien sûr, c'est un très bon disque, mais qui contient énormément de longueurs, ce que Bowie lui-même a reconnu quelques années plus tard. Tenez : on pourrait dire pareil d'Hours, en fait. Sauf que ce serait juste un bon disque. Et que les longueurs seraient surtout du remplissage.
En fait, Hours fait appel à un procédé que, dieu soit loué, le téléchargement a fini par éradiquer. La technique, très répandue dans les années 90, consistait à mettre le meilleur titre du disque (qui était aussi, souvent, le single) en plage un, de manière à ce qu'en découvrant l'album sur une borne d'écoute, on reste sur une bonne (ou excellente) impression. En l'occurence, un certain "Thursday's child", qui donne l'impression d'être un inédit caché par Bowie en 1971. N'importe quel amateur entendant cela, il achetait l'album (de toute façon, à cette époque, les amateurs de musique achetaient tous les albums des artistes qu'ils aimaient, souvent sans passer par la borne d'écoute, c'était le bon temps, enfin surtout pour les "dir' com'"). Après, le reste pouvait bien n'être que remplissage, du moment que l'album était acheté, c'était bon. Cela ne vous étonnera pas, si je vous dis qu'Hours s'est plutôt bien vendu.
Le problème, c'est que derrière "Thursday's child", il n'y a pas de quoi monter aux rideaux. "Something in the air" est mignon, "Survive" est un très bon morceau de Placebo (que j'aime bien, n'allez pas croire!). "If I'm dreaming my life", c'est un de ces morceaux un peu "lounge" ("très ennuyeux", en français) que Bowie s'entête à caser sur tous ses albums depuis Black Tie, White Noise, un truc pas désagréable, mais que personne n'aurait la folie d'écouter jusqu'au bout. "Seven", considéré comme la chanson la plus autobiographique de Bowie, est de loin la meilleure du lot, une petite pétite folk, façon Space Oddity (l'album, pas la chanson, qui n'est pas folk du tout). C'est le seul morceau de l'album qui aurait mérité de devenir un classique. Le reste est vraiment soporifique, informe, répétitif. Sans ligne directrice apparente, Bowie passe d'une pop assez classe (mais un peu artificielle), à un cyber-rock affecté (si "The Pretty things are going to hell" n'est pas une chute d'Earthling, c'est très bien imité), et, sur le final, à de la drum'n'bass psychédélique, genre évidemment très lourd et ennuyeux, qu'il semble cependant avoir inventé.
Comment ce disque a-t-il pu s'attirer autant de bonnes critiques ? Mystère et boule de gomme. D'autant que c'est sur cet album que le guitariste Reeves Gabrels, considéré par les critiques comme un gros loser, à juste titre, a composé le plus de titres (en fait, il les a tous cosignés). Aucun doute qu'en 1992, avant la "résurrection", cet album inutile aurait été un gros four, et Gabrels renvoyé à ses disques de hard FM.

A présent, à qui je le refile, le tag ? J'aimerais assez voir ce qu'Emma a à nous dire, sur Bowie ;)

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12 septembre 2009

"La clé de l'abîme" - José Carlos Somoza * *

cle_de_l_abimeAprès le décevant "La théorie des cordes", José Carlos Somoza est de retour, et il creuse plus que jamais le sillon SF, avec toujours l'art qu'on lui connaît depuis "Clara et la pénombre". Art qui tient en quelques "éléments clés" : SF + surnaturel + roman conceptuel.
Le concept de Somoza du moment, c'est celui de s'inspirer de l'univers de Lovecraft, dans le but de nourrir son propre univers. Je connais peu Lovecraft, j'ai juste lu "L'affaire Charles Dexter Ward", lorsque j'étais plus jeune. J'aurais du mal à dire si le pari est tenu, ou non. Et j'oserai même dire que, dans le fond, je m'en moque pas mal.
Car La clé de l'abîme est vraiment un très bon livre, finalement plus un thriller, qu'un roman fantastique ou de science-fiction, dans lequel on suit avec passion le cheminement de Daniel, individu ordinaire traversant un futur ravagé (j'ai pensé, avec une certaine surprise, à l'univers du manga "Akira", du moins était-ce ainsi représenté par mon imagination), détenteur d'un secret menaçant l'équilibre du monde, puisque remettant en cause la liturgie toute entière, sur laquelle repose ce monde. Alors que dans "La théorie des cordes" et même, dans une moindre mesure, dans tous les autres livres de Somoza, il y a beaucoup d'effets de manche, "La clé de l'abîme" à l'air très limpide, à côté. Peut-être est-ce dû au fait de s'attaquer à un mythe (Lovecraft), dont il se veut le "passeur" respectueux. En tout cas, "La clé de l'abîme" est sûrement le livre le plus dynamique de l'auteur espagnol,  peut-être encore plus prenant que "Clara", auteur qui développe toujours, par ailleurs, ce style unique, simple et séduisant.

Bref, c'est un vrai plaisir de le retrouver en si bonne forme !

A lire également, sur ce blog :

Voir aussi l'avis de Laurence, sur le Biblioblog.

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07 septembre 2009

"Supermodified" - Amon Tobin * * *

supermofidiedAyant eu une discussion un peu houleuse avec G.T., considérons cet article comme ma tournée de réconciliation. Je le dis haut, je le dis fort : sans le grand, l'immense, le vénérable G.T., je serais totalement passée à côté de ce fabuleux album, qui, si cela continue ainsi (c'est parti pour), finira par devenir l'un de mes préférés.

Je n'en suis pas encore là, mais en tout cas, Supermodified, d'Amon Tobin, occupe déjà une place de choix dans ma discothèque. Ce qui, pour les cinq personnes qui me lisent régulièrement, constitue déjà, en tant que tel, un évènement. En effet, on ne peut pas vraiment dire que je sois une grande fan de musiques expérimentales, encore moins instrumentales. Le commentaire pourra sembler étrange, venant d'une mordue de jazz. Je m'explique : le rock instrumental, ou l'electro instrumentale, sont des registres qui m'ennuient profondément. Je déteste le côté démonstratif et vain du premier (sauf Karma To Burn, et encore, pas tout), tout comme je déteste le côté répétitif de l'electro (du moins d'une partie de l'electro).
Rien ne me prédestinait donc à tomber amoureuse de cet album. Sauf une chose, que je ne pouvais pas savoir, car personne ne me l'avait dit avant : Supermodified n'est pas un album d'electro, mais bien un album de jazz, déguisé en electro. Comme je connais mal le reste de la discographie d'Amon Tobin, je ne suis pas en mesure de déterminer s'il est partie d'une base de jazz pour construire de la drum'n'bass, ou bien s'il a fait le chemin inverse. Ce qui est certain, c'est que l'on retrouve sur Supermodified plus de groove que sur n'importe quel disque de jazz "contemporain".
D'ailleurs, de par la variété d'émotions et de registres qu'il aborde, Supermodified s'inscrit comme supérieur à énormément de disque parus ces dernières années. C'est à la fois contemplatif et dansant, approprié à une écoute attentive et intimiste, comme à un boucan de réveil matin (je n'avais jamais entendu des "ultra-basses" comme celles-ci, mes murs implorent désormais ma pitié). En plus, c'est très accessible, ce qui n'est pas le cas de tous les autres disques d'Amon Tobin (Foley Room, le dernier en date, m'a paru beaucoup plus ardu)...Et je peux vous dire que les disques de jazz (et de drum'n'bass, d'ailleurs, même si je connais moins bien) qui soient parfaitement compréhensibles par une néophyte, ne sont pas si courants.

Si vous voulez découvrir ce disque pas comme les autres, il est en écoute sur deezer.

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31 août 2009

"Together through life" - Bob Dylan *

togetherBob Dylan peut-il encore surprendre ? La question se pose, à l'écoute de son nouvel album. Je rappelle que Bob Dylan, sur ce blog, est ce qui se rapproche le plus de Dieu...Mais, de même que Dieu, des fois, semble peu concerné par la marche du monde, de même Bob Dylan reste critiquable, pas souvent, mais personne n'est immunisé contre un raté. Au premier, abord, Together through life en est un.
Pourtant, à lire certains journaux, et même certains blogs, Bob Dylan serait devenu quasiment intouchable depuis 1997, et Time Out Of Mind, peut-être un de ses deux ou trois meilleurs albums (si tant est que telle classification soit possible, concernant un artiste si prolifique, et si souvent génial). Soudain, vieillir n'était plus un problème pour les icônes. Soudain, vieillir pouvait être beau, digne, poignant. D'ailleurs, à partir de Time Out Of Mind, la presse s'est mise tout d'un coup à être très généreuse avec toutes ses vieilles idoles, nous sortant jusqu'à l'écœurement le coup de l'album hanté par la mort, mélancolique, revisitant le passé, tout songwriter ringard est devenu : "intemporel". Aucun, pourtant, ne jouait dans la catégorie de Time Out Of Mind.
Depuis, Dylan a creusé le sillon. Il y a eu un autre grand grand album, Love and Theft, son plus autobiographique. Dylan revenait sur son enfance, l'illustrait en revisitant les styles l'ayant bercée (blues, rockabilly, hillbilly), redonnait son juste sens au mot : NOSTALGIE. C'était beau, touchant, remarquable. Idéalement, cela aurait pu être son dernier album. Hélas, Dylan n'est pas plus mort, qu'il n'a raccroché la guitare. Et depuis lors, il semble passer la plupart de son temps à enregistrer son dernier album. Modern Times, son dernier album de 2006, était très beau, mais semblait parfois une simple "extension" de Love and Theft. Together through life, son dernier album de 2009, ressemble à une extension de Modern Times.
Le principe lasse, mais c'est, toutefois, moins le principe que son illustration, qui finit par poser des questions. Même en était fan, difficile de ne pas trouver que le Zim commence à radoter sévère. D'autant que, malgré tout le bien qu'en ont dit les journaux, Together through life présente toutes les caractéristiques d'un "album paresseux". Dylan, si grand soit-il, s'y contente en effet de recycler quelques vieux gimmicks blues, digresse, s'autocite outrancièrement. Cela n'est jamais déplaisant, notamment parce que sa voix est plus belle que jamais. Mais que raconte-t-elle d'intéressant ? Presque rien. Dylan est-il à ce point sûr de son génie, qu'il ne prenne même plus la peine d'écrire de véritables chansons ? Qu'il s'agisse de folk, de blues, ou de boogie woogie, que valent ces styles si on les aborde sous l'angle de l'atmosphère ("This dream of you"), de la citation ("My Wife's hometown" évoque tellement Willie Dixon que, j'avoue, j'ai cru que c'était une reprise), et jamais de la Chanson, avec un grand "C".
Ce qui rend Together through life plaisant, en réalité, est aussi ce qui peut le rendre très décevant : on a l'impression qu'un vieux monsieur, Bob Dylan, vient s'asseoir sur le rocking-chair, et bavarder au coin du feu. Son récit n'a rien de palpitant, mais il est bien raconté, c'est du récit pour le récit, plein de digressions, de silences, de parenthèses, et de points de suspension. C'est de la "graphomanie musicale" : il ne sait pas quoi faire d'autre, donc il écrit des morceaux, il n'a rien à dire, il soigne très peu le style, mais c'est Dylan, donc on dira que c'est de l'art. Le seul vrai culot, dans Together through life, c'est d'oser écrire quelque chose intitulé : "I feel a change comin' on", alors qu'on sait bien qu'après 33 albums (dont six de suite témoignant d'une autarcie complète, rapport à la musique contemporaine), et soixante-huit ans de vie, Bob Dylan serait bien en peine de sentir la moindre brise dans l'air du temps. Pour le reste, c'est très décevant, et pour la première fois depuis que le Zim a atteint le troisième âge, on a réellement l'impression que la fougue de sa jeunesse était, dans les faits, bien plus pleine de sagesse que ses contemplations de vieux sphinx affecté.

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26 août 2009

"True Blood" (saison 1) - Alan Ball °

true_blood_affiche_min1Comme je l'ai dit ailleurs, dans mon article sur "Six Feet Under", je ne suis pas une grosse fan de séries, j'en regarde même assez peu. Mais, comme je l'ai dit ailleurs aussi, je ne pouvais passer à côté de la dernière création d'Alan Ball (qui a, justement, créé 'Six Feet Under').

Première difficulté, hélas : il aborde un domaine (les contes vampiriques) qui n'est pas du tout mon truc. Bien sûr, comme tout le monde, j'ai vu des films avec des vampires, lu des livres, mais je n'ai pas d'affection particulière pour cette mythologie. Si j'ai pu apprécier à une époque une série comme 'Buffy' (quoique je ne l'ai pas vue en entier, et l'ai abandonnée quand il a été clair que les auteurs jouaient inutilement les prolongations), c'est en grande partie (pour ne pas dire : uniquement) parce qu'elle faisait appel à d'autres ressorts narratifs. C'est évidemment beaucoup moins le cas de 'True Blood'.

Pourtant, dans les premières minutes, je fus agréablement surprise : dans cet univers les vampires, bien aidés par l'invention d'une boisson à base de sang synthétique, essaient de s'intégrer parmi les hommes (en l'occurrence : une petite communauté de Louisiane). L'idée est originale, l'allégorie séduisante et, dans les premiers épisodes, plutôt bien menée. Malheureusement, cela tourne court. Je ne connais pas les livres dont la série est adaptée, je ne suis donc pas en mesure de dire de quoi il retourne. Ce qui est certain c'est que le virage guimauve, que la série prend au bout de quelques épisodes, m'a assommée. En dehors du fait que le truc de la jeune blonde amoureuse du vampire ténébreux, on l'a vu mille fois, cette "revisitation" de la figure du couple maudit n'apporte rien de nouveau, mis à part quelques scènes de sexe racoleuses que l'on ne risque pas, c'est certain, de croiser dans le très chaste univers de 'Twilight'.  Et alors qu'on aurait pu espérer que la romance devienne une intrigue secondaire, il n'est rapidement plus question que des "coucheries" des uns et autres, ce dont, personnellement, je me fous éperdument. Quant aux dialogues, personnages, ambiances...C'est vraiment très faible, à côté de 'Six Feet Under' bien sûr, mais à côté aussi de la plupart des séries que j'aie pu voir dans ma vie...Tout y est tellement caricatural ! Les caractères sont si grossiers, les situations si téléphonées...

"Quel est le projet poursuivi par Alan Ball ?" me suis-je demandée, une fois arrivée (péniblement) à la fin. La reconversion en machine à fric, après, il est vrai, plusieurs projets (dont un film) ignorés par le public ? Parce que c'est lui, j'avoue que je me pose plein de questions qui ne me seraient pas venues à l'esprit, sinon. Il faut me comprendre : pour n'importe quel fan de 'Six Feet Under', digne de ce nom, la première saison de 'True Blood' ressemble à un gag. Une blague pas drôle, un pied-de-nez raté, un exercice de style façon "voyons comment on pourrait faire le truc plus vulgaire et racoleur possible"...Le pire est que cela ait, déjà, à l'heure actuelle, dix fois plus de succès que le chef-d'œuvre qu'était 'Six Feet Under' n'en a jamais eu. Mais il est vrai que l'autre série d'Alan Ball était sans doute trop subtile, intelligente, écrite, pour vendre du merchandising et appâter les ados...Et ceci n'est pas une vanne facile : quand on pense que les producteurs songent à sortir la boisson 'tru blood' pour de vrai, tout n'est-il pas dit, à propos de cette série ?

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05 août 2009

Des vacances bien méritées...



Retour prévu : le 20 août.

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02 août 2009

"Harry Potter et le Prince de sang-mêlé" - David Yates °

harry_potter_et_le_prince_de_sang_mele_nouvelles_affiches_3Ceci n'est pas un billet, c'est une demande (une supplique !) publique de moratoire. Il faut immédiatement arrêter le massacre, prendre le temps de réfléchir, de se recentrer. Il faut mettre un terme à ces adaptations d'Harry Potter, ce n'est plus possible, c'est un supplice pour tout le monde, pour les fans, les pas fans, les acteurs, et même pour Tim Burton (qui n'a, certes, rien à y voir, c'est tout le problème).
Mais récapitulons : Harry Potter est une série de livres, que vous connaissez peut-être...d'accord : Harry Potter est le plus grand succès littéraire des quinze dernières années. C'est bien cela qui nous mets dedans, si vous me passez l'expression. Parce que le Seigneur des anneux (par exemple) avait eu du succès, mais tout le monde, et par tout le monde j'entends : tout le monde, public, critiques, fans, artistes s'en inspirant...tout le monde avait eu le temps de le digérer. On appelle cela : le recul, et il paraît que parfois, cela peut s'avérer bien utile. Harry Potter, déjà, en a eu bien plus de succès (il s'est plus vendu, en moins de temps), chanceux qu'il fut de naître à la belle époque du marketing. Ce qui n'en fait pas un vulgaire produit : contrairement à ce que pensent beaucoup de gens ne l'ayant pas lu, par lassitude du battage, Harry Potter est une saga vraiment intéressante, inventive, souvent merveilleuse (dans tous les sens du terme). Les personnages sont bien plus complexes que dans le premier best-seller venu, et si la trame générale manque des fois un peu de liant, elle demeure palpitante.
Le problème, c'est que les films qui en sont adaptés, eux, n'ont pas cette dimension artistique servant de "plus-value". D'une part, parce que les réalisateurs changent tout le temps, ce qui n'est pas très pratique pour établir une "cohérence stylistique". Et, d'autre part, parce que depuis les premiers volets, la série filmique bat tous les records. Du coup, réaliser un Harry Potter, ce n'est pas réaliser n'importe quel film, c'est réaliser un mega blockbuster de commande, mais en pire, il faut non seulement tenir compte des désirs de Warner Bros, mais aussi de ceux de JK Rowling, de ceux des acteurs, de ceux des scénaristes, de ceux des fans...Alfonso Cuarón en sait quelque chose, le pauvre en a pris plein la figure, avant, pendant, et après l'épisode 3, qui illustre bien tous les symptômes : un film bancal, écartelé entre l'envie de faire quelque chose de beau et d'original, et l'obligation de remplir trois cahiers des charges. Je vous le dis : réaliser Harry Potter, ce n'est pas une vie, c'est un sacerdoce.
Recruté depuis un épisode 5 déjà bien mauvais, David Yates n'a pas tous ces problèmes : d'exigence artistique, il n'a aucune (c'est même probablement pour cela qu'il a été choisi). On lui demande juste d'adapter du mieux possible les romans, de doser romance, scènes héroïques, et mythologie de la saga. Pour "Harry Potter et l'Ordre du Phénix", il a reçu un sucre et un bon point, personne ne sait trop pourquoi, puisqu'à part quelques groupies personne n'a aimé ce film. Pour "Harry Potter et le Prince de sang-mêlé", il aspire désormais à trois bons points et une image, et vu le nombre d'entrées, c'est un objectif raisonnable. Mais, là aussi, on ne sait pas trop comment c'est possible que tout le monde y aille (gloire à toi ! marketing !), parce que cet épisode 6 est, de loin, le plus nul de tous, d'une nullité affolante, d'une nullité provocant le rire nerveux de la moitié de la salle (je n'exagère pas). Ce n'est même pas un nanard, ce serait lui faire trop d'honneur ! C'est un très mauvais film, qui ruine le livre (mais cela, à la rigueur, c'est la tradition), est monté n'importe comment, dont les acteurs sont complètement en roue-libre (avec Dumbledore et Slughorn en plein concours de cabotinnage). Plus de deux heures complètement dépourvues d'intensité (alors que le livre, je le précise, est ténébreux et oppressant à souhaits), de nuances, d'intrigue. Qu'on n'y cherche pas le moindre parti-pris (comme c'était encore le cas dans les quatre premiers films), il n'y en a pas plus que d'idées.
J'en suis sortie stupéfaite, surtout à cause des raccords pourris entre les scènes, et de la réalisation indigne d'un téléfilm. Ce film, paresseux et bâclé, transpire le mépris du spectateur (et de l'œuvre dont il s'inspire, et à laquelle il doit tout), le cynisme marchand, et pour avoir vu beaucoup de blockbusters, c'est pourtant la première fois que je ressens cela de manière si "viscérale".

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